Quelques définitions

1) Leur existence. +

1.
Bien que l'Ecriture n'affirme pas expressément l'existence des anges gardiens, nous dit Suarez, et que l'Eglise n'ait pas défini cette vérité, elle est cependant si universellement admise, et si sérieusement fondée sur l'Ecriture interprétée par les Pères, qu'on serait très téméraire et près de l'erreur, en la niant (ut sine ingenti temeritate ac fere errore negari non possit) (Suarez, De Ang., 1. VI, c. 17, n° 8, éd. de Lyon, 1630, p. 510). L'Ancien Testament est muet sur les anges gardiens proprement dits. Les juifs, comme le prouve un passage du livre d'Hénoch, croyaient que les justes et les saints "avaient des esprits protecteurs" (Hén., 100, 5). Révélatrice de cette croyance est surtout l'exclamation toute spontanée des amis de Pierre, qui, ne pouvant s'imaginer que l'apôtre délivré frappait à la porte de la salle où ils priaient, s'écrièrent : "C'est son ange" (Ad., 12, 13).
Notre Seigneur enseigne formellement que les petits enfants ont leur ange protecteur (Matth. , 18, 10). De là on peut conclure légitimement que les autres hommes jouissent du même privilège. Car pourquoi les adultes seraient-ils privés de ce bienfait ? N'ont-ils pas la même dignité, les mêmes besoins, et, au fond, la même faiblesse ? Que chaque fidèle, affirme saint Basile, soit assisté d'un ange qui guide sa vie comme un pédagogue et un pasteur, personne n'y contredira, s'il se souvient des paroles du Seigneur, disant : "Ne méprisez aucun de ces petits... " (Ade. Eunom., 1.111, 1. PG. , 29, 656). (Cf. aussi saint Jérôme, la Malth. , 18, 10. PL., 26, 130).

2. Le Pasteur d'Hermas, qui reflète généralement la croyance commune du siècle, affirme que tout homme a son ange gardien dont il doit suivre les inspirations et les conseils pour pratiquer la justice et se préserver du mal (Mand. , VI, 2, 1-3, trad. Lelong, coll. Hemmer et Lejay, t. IV, p. 99). C'est Origène qui le premier nous donne des précisions plus amples sur les anges gardiens. Il ne doute pas de leur existence (In Lue. , Hom. XXIII. PG. , 13, 1863 C). Il aime à rappeler cette vérité aux fidèles (In Yum. , Hom. XXIV, 2. PG. , 12, 762 B). Pourtant si nous demandons au docteur alexandrin quels sont ceux qui ont le bonheur d'être guidés et protégés par des esprits célestes, nous n'aurons pas toujours la même réponse. Tantôt il affirme que tous les hommes, fidèles et infidèles, ont leur ange gardien (In M., t. XIII, 26. PC. , 13, 11C4-5) ; tantôt nous apprenons que seuls les fidèles jouissent de ce privilège (De Princ. , 1. Il, c. 10, n° 7. PC. , 11, 240 A ; Hum. I, 7. PC., 13, 674). Ailleurs nous lisons que seuls les justes, les saints sont assistés d'un esprit céleste, soit parce que les pécheurs se rendent indignes de ce bienfait (In Matth., t. XIII 6. PG., 13, 1107 C; t. XIV, 21. PC., 13, 1240-1241), soit parce que seuls ils ont besoin d'être secourus (C. Cels., I. VIII, 36. PC., 11,157 iD; lu Nurn., Hom. V, 3. PC., 12, 606 B). Enfin, dernière opinion, les chrétiens moins parfaits auraient des anges gardiens, tandis que le Christ en personne se chargerait des parfaits (In. Num., Hem. XXIV, 3. PC., 12, 762D; In Matth., t. XIII, 26. PC., 13, 1666 B).
Nous retrouvons la même hésitation lorsqu'il s'agit de savoir à quel moment l'ange tutélaire assume son rôle. Dès la conception, dit Origène en un endroit (Comm. n Jo., t. XIII, 49. PC., 14, 491 B). Non, depuis le Baptême, affirme-t-il ailleurs (In Matth., t. XIII, 26. PC., 13, 1j 63 C).

3. Les fluctuations d'Origène se retrouvent chez les Pères des siècles suivants. Les uns, comme saint Jean Chrysostome (In Act. , Hom. XXVI. PC., 60, 201) ou saint Jérôme (In Matt., 18, 10. PL. ,26, 130) admettent que tous les hommes ont des anges gardiens. Les autres, au contraire, comme saint Basile (In Ps 33, 5. PC., 29, 363) ou saint Cyrille d'Alexandrie (De ado rat. PC., 68, 314) limitent le privilège aux seuls fidèles. Saint Basile ne craint pas d'affirmer que le péché met les anges en fuite comme la fumée les abeilles ou la puanteur les colombes (Hem. n Ps 33, 5. PC., 29, 363 B). Saint Jérôme est aussi de cet avis (In Jerem., XXX, 12. PL., 24, 869), Saint Ambroise admet même que Dieu prive le juste de son protecteur, pour qu'il puisse vaincre avec plus de gloire (In Ps, 37, 43. PL., 14,1031 C; In Ps, 38, 32. PL., 14, 1054 B).

4. Il nous faudra arriver jusqu'à Honorius d'Autun (+ 1151) pour entendre cette affirmation très nette : "chaque âme, au moment où elle est introduite dans le corps, est confiée à un ange, qui l'excite toujours au bien et rapporte toutes ses actions à Dieu" (El. , Il, 31. PL., 172, 1154 B). Pourtant, malgré l'avis de saint Pierre Damien (PL., 145, 478 B), la "Close interlinéaire" affirme encore que les anges gardiens désertent l'âme pécheresse (In Is., V, 5; In Jerem., LI, J) Saint Albert le Grand (S. Theol., lI Pars, q. 36, op. éd. de Lyon, 1651, t. 18, p. 219 sqq.) et saint Thomas (S. Theol., I, q. 113, a. 5, a. 6) dissiperont ce dernier écho des hésitations d'Origène. "Non, s'écriera plus tard l'enthousiaste cardinal Aguirre, les anges ne sont pas des hirondelles qui partent l'hiver" (Aguirre, Theol. S. Anselme, t. III, sect. IV, disp. CXXV. Salamanque, 1685, p. 457).
A Calvin et aux "Centuriateurs" de Magdebourg, Suarez, fidèle écho en ce point des théologiens et on particulier de saint Thomas, pourra déclarer : "Non seulement les justes, mais les pécheurs; les fidèles aussi bien que les infidèles; les baptisés comme les non-baptisés ont chacun leur ange gardien" (De Angel., 1. VI, c. 17, n° 14, éd. de Lyon, 1630, p. 509 sq.). Cet esprit tutélaire est donné à tout homme dès sa naissance (d., VI, c. 17, n° 17), peut-être à l'instant de sa conception. N'est-ce pas dès ce moment que commence le voyage vers l'éternité (d., n° 18) ? Tant qu'il vivra, même s'il pèche et pèche souvent, le protégé ne sera pas abandonné par son tuteur. Déjà sous la Loi ancienne tout homme était gardé par un ange particulier (h id., n° 19); bien plus, avant la chute, Adam et Eve avaient peut-être leurs anges gardiens (ibid., n° 20).

A l'existence des anges gardiens se rattachent plusieurs questions secondaires. Nous ne pouvons guère que les signaler.

I. À l'encontre du Pseudo-Denys et la grande majorité des scolastiques qui l'ont suivi jusqu'à Suarez (De Ang., 1. VI, c. 10, éd. de Lyon, 1630, p. 467 sqq.), Duns Scot et son école admettent que les anges qui interviennent dans la vie des hommes, peuvent être de tous les rangs de la Hiérarchie céleste. Cette opinion, la mieux appuyée par l'Ecriture (He., 1, 14; Gen., 3, 24; Is., 6,6 sqq.) a pour elle de grands mystiques du Moyen-Age : sainte Mechtilde (La lumière de la divinité, I. Il, ch. v, trad. Paquelin, 1878, p. 65); sainte Gertrude (D. G. Dol an, Sainte Gertrude, Paris, 1922, p. 199-200); sainte Hildegarde (Scivias, 1. I, vis. VI, trad. Paris, 1909, p. 219 sqq.); Tauler surtout, qui nous expose en détail l'action des trois Hiérarchies sur l'homme extérieur, raisonnable et déiforme, pour le purifier, le perfectionner, le sanctifier (Oeuvres (trad. Noël), Paris, 1912, t. V, p. 273-83; cf. aussi Denys le Chartreux, 10 Sentent., 1. Il, Disi. X, éd. de Tournai, t. XXI (1903), p. 517 sqq.).

2. Des théologiens admettent que certains privilégiés sont protégés par un ange céleste d'un rang plus élevé (M. Olier, cf. H. J. Icard, Doctr. de M. Olier, Paris, 1891, p. 373; Maldonat, Gomment. in quat. Evang., Paris, 1631, col. 380 B) - et que les personnages publics, ayant besoin d'une double prudence, sont assistés d'un second ange gardien, celui de la charge (M. Olier, cf. H. J. bard, t. e., p. 375; saint François de Sales, Opus. Avis 20, 6; Suarez, De Ang., I. VI, c. 17, n° 24, éd. de Lyon, p. 515). On n'admet plus aujourd'hui, comme le croyait Pierre Lombard p. ex., qu'un seul ange ait à veiller sur plusieurs protégés. Enfin, faveur exceptionnelle, une mère Agnès de Jésus a pu prêter son ange gardien à M. Olier (H. J. bard, i. e., p. 370) et même le lui léguer à sa mort (Ilid.,p. 371).


2) Pourquoi les anges gardiens?

Dieu a confié tout homme à la garde d'un ange tutélaire. Nous pouvons entrevoir certaines raisons de cette institution. Elle est en premier lieu parfaitement en harmonie avec la puissance de Dieu, sa sagesse et sa miséricorde (cf. saint Bonaventure, In Il, Dist. XI, art. 1, q. 1, éd. Quaracchi, Oper., t. Il, p. 277); elle est en second lieu pleinement conforme à la nature des esprits célestes qui s'estiment heureux de pouvoir imiter la miséricorde de leur créateur (Bossuet, Sermon pour la force des anges gardiens, éd. Lebarcq, t. III (Paris, 1891), p. 99 sqq.) et de venir au secours des hommes leurs frères, leurs images ; d'autant plus qu'ils contribuent, en les sauvant, à combler les vides laissés dans leurs rangs par les anges déchus (Saint Bernard, In Festo sancti Mieheelas, sermo I, 4. PL., 183, 449; Denys le Chartreux, Serm. VII in Festo Michaelis archang., Oper. (éd. de Tournai), t. XXXII, p. 443; In IL, Dist. YL q. I. Op., t. XXI, p. 543 sqq.). Enfin l'homme lui-même, tant par sa faiblesse et les dangers qui le menacent, que par sa dignité (n'est-il pas le fils adoptif du Père du ciel et le membre de Jésus-Christ ?) réclame en quelque sorte l'assistance des anges (cf. M. Olier, Lettres spirituelles, Nantes, 1851, Lettre 210, t. Il, p. 278-80).


3) Rôle des anges gardiens.

Les Pères de l'Eglise ont donné à l'ange gardien les titres les plus touchants. Saint Jean Chrysostome, à la suite d'Origène le grand catéchiste alexandrin, aima à saluer dans l'agonie morale qui devait faire jaillir le sang de ses veines (P. Lebreton, La vie et l'enseignement de Jésus-Christ Notre Seigneur, Paris, 1931, t. Il, p. 311 sqq.; p. 337). C'est ainsi que les anges continuent à inspirer le courage de souffrir aux âmes accablées et désemparées. A sainte Marguerite de Cortone, sur le point d'être assaillie par la souffrance, son ange rappelle comment, dans sa bonté infinie, le divin Maître l'a non seulement ramenée au bercail mais lui a donné l'anneau des fiançailles, et l'a fait reposer sur son coeur divin (AS. Févr., t. III, p. 307). Des martyrs, comme saint Tryphon et Respiclus, sont soutenus dans leur supplice par des anges qui leur font entrevoir la belle récompense qui les attend (AS. Sept., t. VIII, p. 90 E). Enfin sainte Lydwine se sent heureuse d'être broyée par la douleur, parce que son ange lui détaille les souffrances du divin Maître, et qu'il lui annonce l'arrivée toute prochaine de son Epoux divin (AS. Avr., t. Il, p. 317 E). C'est ainsi que les anges nous soutiennent en nous rappelant le néant de la vie, les grâces que nous avons reçues, la récompense qui couronnera nos efforts, et l'exemple même de Jésus-Christ. Sans doute leur langage n'est pas toujours aussi manifeste, mais il n'en est pas moins réel.
Les anges font plus pour fortifier les âmes : parfois ils leur communiquent le "Pain des forts", l'Eucharistie. Ils ne se contentent pas d'assister les prêtres et les diacres distribuant la sainte Communion (AS. Oct., t. VI, p. 669 B, C), mais ils la donnent eux-mêmes. C'est un privilège dont bénéficièrent entre autres un moine nommé Marc (Sozomêne, Bist. EccI., Vi, 29); saint Onuphre qui recevait l'hostie sainte régulièrement le dimanche ou le samedi (Vit. Patr., XI. PL., 173, 216 D); saint Nil (AS. Sept., t. IV, p. 669); sainte Ide de Louvain (AS. Avr., t. Il, n. 363 F); saint Bonaventure avant sa prêtrise (AS. JuilI., t. III, p. 827 C); sainte Agnès de Montepulèiano (AS. Avr., t. Il, p. 798 A, B); saint Stanislas Kostka (P. L. Michel, Vie de saint Stanislas Kostka, Desclée, 1893, p. 55-56); la vénérable Benoîte Rencurel, fondatrice de Laus (1647) (cf. F. Vernet, La vénérable Benoite Rencurel, Paris, 1931, p. 109) et saint Gérard Majella (cf. P. Dunoyer, Saint Gérard Majella, Paris, 1905, p. 10). Dans une homélie qu'on a attribuée à saint Grégoire le Thaumaturge, et qui, en réalité, a été prononcée par Mesrob (Ve siècle), nous lisons... " chacun de nous a un pédagogue particulier. Ne sommes-nous pas de petits enfants. Aveugles, nous ne voyons pas ce qui est devant nous ; nous ignorons ce qui nous convient; lui, il voit aussitôt ce qui est bon, utile à mon âme... Ce pédagogue clairvoyant et averti, me nourrit, m'instruit, me conduit par la main." (Rie i. Patr., éd. Lyon, t. 111(1677), p. 329). Nous avons besoin de guides, nous dit saint Jean l'Aumônier, pour nous rendre d'une cité dans une autre, combien plus des guides forts et divins nous sont nécessaires pour traverser cette longue vie ! (PL., 173, 175.)

I. Quelques privilégiés fourvoyés dans une forêt ou dans des montagnes ont été ramenés physiquement par des anges dans le bon chemin. Tels furent saint Macaire (Vit. Patr., cap. PL., 173, 422); saint BIaise, moine de Constantinople (AS. Nov., t. IV, p. 6 1 A-F); saint Camille de Lellis (Ch. Cahier, Caract. des Saints, p. 412) ou encore la bienheureuse Marie d'Oignies (AS. Juin, t. IV, p. 643 C).

2. Plus soucieux des âmes que des corps les anges sont avant tout des guides spirituels. Désolés de voir les âmes errer loin de la vérité ils leur procurent le bienfait de la foi. Origène déjà notait que les esprits célestes aident les âmes à se convertir (Contre. Cels., I. V, 57. PG., Il, 1271 C). C'est un ange qui envoie Philippe vers l'eunuque de la reine de Candace (Ad., 8, 26); c'est un ange qui signifie au centurion de mander saint Pierre chez lui (Act., 10, 3). Peut-être faut-il voir également un esprit bienheureux dans le Macédonien qui apparut à saint Paul (Act., 16, 9-10). Tillemont reconnaît un ange dans le vieillard qui instruisit saint Justin (Tillemont, Mémoires..., t. Il, art. IV saint Justin). Parfois dans leur désir de donner aux païens la vérité ils suscitent des apôtres, comme saint Vulgan suivant le biographe du saint (AS. Nov., t. I, p. 571 CE); ou bien, comme cela s'est vu pour saint Ambroise (Vita par saint Paulin de NoIe, 17. PL., 14,33), ou pour des disciples de saint Camille de Lellis (Santo Cicatelli, Vie de saint Camille de Lellis (trad. Debout), Paris, 1932, p.297) ils dictent en quelque sorte les paroles qui touchent le mieux les coeurs.

3. Non seulement ils travaillent à augmenter le nombre des chrétiens; mais des disciples du Christ, ils veulent faire des saints. Ils initient les âmes aux mystères de Dieu, ils les éclairent de la lumière éternelle, et leur apprennent la science des choses divines (Origène, In Num., Hom. 14, 2. PG., 12, 680 B). C'est ainsi que souvent et longuement un ange s'entretenait avec saint Syméon stylite (AS. Janv., t. I, p. 274 I-K). Pour certaines âmes les esprits célestes sont de véritables pères spirituels. Ils leur précisent le but surnaturel à atteindre, les vertus à pratiquer. Ils les mettent en garde contre certains défauts; ils les reprennent de leurs imperfections, souvent assez rudement; sévères sans doute, mais toujours bienveillants, ils les encouragent, les consolent, les stimulent, les forment, les instruisent. Pour les voir à l'oeuvre il faudrait pénétrer plus avant dans des vies que, faute de place, nous devons nous contenter de signaler. La bienheureuse Marie d'Oignies (vie écrite par le card. Jacq. De Vitry (trad. du latin par Nivelle), Paris (Pion), 1822); sainte Marguerite de Cortone (vie écrite par son confesseur F. Juncta Bevagnate, cf. AS. Fév. , t. III, p. 301-356); sainte Lydwine de Schiedam (vie par Jean Prugman, AS. Avr., t. Il, p. 303 sqq.; J. K. Huysmans, Sainte Lydwine de Schiedam, Paris, 1922, p. 156 sqq.); sainte Rose de Lima, qui répétait si souvent à son ange son impatience d'aller au ciel (+ 1617) (vie par Léonard Hansen OP. dans AS. Août, t. V, surtout p. 940-941); sainte Françoise Romaine (vie écrite par Job. Mattiotti son confesseur, dans AS. Mars, t. Il, surtout p. 92 sqq.; 179-180; Berthem-Bontoux, Sainte Françoise Romaine et son temps (1384-1440), Paris, 1931, ch. dix sous l'empire de Satan, p. 217 sqq.); la vénérable Agnès de Langeac (J. Lajeunie, Une Mystique dominicaine, la vénérable Agnès de Langeac, 3e éd. (1602-1634), Paris, 1924); la vénérable Benoîte Rencurel, fondatrice du Laus (1647-1718) (cf. Annales de N.-D. du Laus, publiées par les RR. PP. Missionnaires, gardiens du sanctuaire, Gap, 1881, t. Il, ch. XI: Benoîte et les Anges, p. 120-6; F. Vernet, La vénérable Benoîte Reneurel, Paris, 1931, p. 109). Nous ajoutons, mais avec une certaine réserve, la Mère Jeanne des Anges (P. Cavallera, Lettres inédites de J. -R. Saint Jure à la Mère Jeanne des Anges, dans RAM., 1928 (t. IX), p. 113-138; 337-358; S. Surin, Le Guide spirituel pour la perfection, Paris, 1828. Appendice, quelques détails sur la vie de Jeanne des Anges, p. 1-45). Les pédagogues célestes qui prennent soin de ces âmes, s'adaptent admirablement au caractère de ceux ou de celles qu'ils doivent former à la sainteté, aussi nous apparaissent-ils avec des physionomies toutes différentes. Celui de sainte Françoise Romaine tient surtout le fouet; celui de sainte Lydwine exhorte davantage. Pour sainte Rose de Lima, et la vénérable Benoîte Rencurel, les gardiens célestes sont d'aimables compagnons, qui causent volontiers avec elles, et qui les entretiennent de belles choses pour abréger les longueurs de la route.

4. Ils sont rares, il est vrai, ceux qui sont ainsi instruits et guidés directement par les anges; mais tous peuvent et doivent contempler des yeux de la foi, ces merveilleux modèles, pour s'inspirer des exemples de vertu qu'ils nous donnent. Les prêtres aussi bien que les laïcs, les religieux comme les séculiers peuvent imiter ceux qu'Origène appelle avec raison, les "parfaits imitateurs de Dieu" (C. Cels., V, 4. PG., il, 1155 B,D; voir pour la manière d'imiter les anges dans les différents états de vie : Franç. Xavier. Faber, O.F.M., Sermones de SS. Angeles, Landishuti, 1726). Des fondateurs d'ordres ou de congrégations aiment à proposer à leurs fils ou leurs filles, les esprits célestes comme un idéal à réaliser. Ainsi font saint Ignace (lIon. Soc. Jes., Ignaciana, 4; Scripta de Ignatio, t. I, p. 515); saint Jean-Baptiste de la Salle (Méditations, 2e éd., Versailles, 1882, inédit. 197e et 198e, p. 3S-46) et saint Vincent de Paul (Oeuvres, éd. Costes, t. IX, p. la6). Les prêtres, directeurs d'âmes (Card. de Bérulle, Mémorial de direct., éd. Migne, 1856, ch. II, col. 811-812) et les mères chrétiennes (lige Gay, Conf aux mères chrét., t. Il, Paris, 1898, p. 398-400) doivent apprendre des célestes pédagogues, comment former les âmes et les orienter sans cesse vers Dieu. Les vertus qu'ils prêchent le plus éloquemment par leur exemple, sont, d'après saint Bonaventure : l'humilité (reverentiae) vis-à-vis des supérieurs; la pureté intérieure (munditiae); l'esprit de paix vis-à-vis des égaux (concordiae) et enfin la bonté (clemeniiae) à l'égard des inférieurs (Serin. de Angelis, IV, op. éd. Quarac-chi, t. IX, p. 621). Saint Vincent de Paul relève en plus chez eux la joie de louer Dieu (Oeuvres, éd. Costes, t. XII, p. 329); le zèle à étendre le royaume de Dieu (Oeuvres, éd. Costes, t. XII, p. 138) et leur admirable indifférence (Oeuvres, ., t. X, 702-3), parce qu'ils n'ont d'autre souci que celui d'obéir à la volonté de Dieu (Oeuvres, ibid., t. XI, p. 313).

5. Les guides célestes nous sont surtout nécessaires à notre mort, pour nous mener en purgatoire ou au ciel. Bien souvent les anges ont révélé le moment de leur trépas à des saints. Citons entre autres saint Syméon Stylite (AS. liai, t. V, p. 400 C); sainte Earcongata (Bède, Ilisi. eccles., 1. III, éd. Plummer, t. I, p. 43); saint Cedda, évêque de Londres (Bède, llist. eccles., 1. , éd. Plummer, t. I, p. 209). C'est par leur concert que les esprits bienheureux invitent sainte Wiborada à monter au ciel (AS. Mai, t. I, p. 284 C). La veille de sa mort l'archevêque de Cantorbéry, saint Dunstan, apprend que son entrée au ciel est toute proche (AS. lIai, t. IV, p. 374 E, F). C'est six mois d'avance qu'un ange révèle à saint Nicolas de Tolentino sa fin bienheureuse (AS. Sept., t. III, p. 655 F).

6. La mort, c'est le passage du temps à l'éternité. Moment décisif et angoissant. Le démon profite de cette dernière occasion pour essayer de faire tomber les âmes. Dans les plus généreuses comme celle d'un saint Hilarion (Vita Hilarion., c. 38) ou les plus limpides comme celle d'un saint Jean Berchmans, l'ennemi parvient à jeter le trouble ou du moins une ombre de doute. L'assaut est d'autant plus redoutable que le corps est débilité, l'intelligence affaiblie par les sens déroutés, et la volonté amoindrie. Aussi l'Eglise, maternellement émue de l'angoisse de ses enfants, appelle-t-elle avec insistance les anges pour soutenir ceux qui vont mourir (Prière des agonisants). Assurément nous pouvons compter sur l'assistance spéciale des anges et surtout de notre ange gardien au moment suprême. Parfois ils soutiennent leurs protégés d'une façon visible. Saint Gui, abbé du monastère de Pomposa, en Italie (AS. Mars, t. III, p. 913 F-914 A) et saint Dominique (AS. Août, t. I, p. 561 B, 601 B) entendent les anges les inviter à monter au ciel. Ils encouragent également saint Jean Gualbert (AS. Julil., t. III, p. 362 E, F; 380 B, C); la bienheureuse Lucie Bartolini Ruccellai (+1520) (AS. Oct., t. XIII, p. 206 D) ; saint Jean de Dieu (AS. Mars, t. I, p. 841 B). Et pour citer un fait plus récent, la petite Anne de Guigné (1911-1922) n'a-t-elle pas vu son ange gardien peu d'heures avant sa mort (cf. P. d'Alès, La lucidité des mourants, dans Études, t. 210 (1932), p. 162) L'imagination populaire n'a pas manqué de dramatiser le rôle que les esprits célestes jouent auprès des hommes au moment suprême. Elle a inventé un véritable scénario que nous trouvons déjà raconté en détails dans l'Histoire des communautés religieuses fondées par Pacôme (Dulaurier, Fragment des révélations apocryphes de saint Barthélemy et de l'Histoire des communautés religieuses fondées par Pacôme, Pans, 1835, p. 16 sqq. cité par H. Leclercq,. chrét. dans R. Bén., 1905 (XXII), p. 70-71) et traduit plus tard dans l'art et le théâtre (E. Mâle, L'art religieux de la fin du Moyen Age en France, Paris, l9-2, (l'Ars moriendi), p. 382-388; cf. aussi Leroquais, Livres d'Heures, t. I, p. Lxxii).

7. Au moment de la mort, nous dit Origène, l'ange gardien, le psychopompe céleste, recueille l'âme qui quitte le corps (In Jo., t. XIX, 4. PG, 14, 554 C- 555 A). Cette croyance fondée dans l'Evangile (Le., 16, 22), est formulée nettement dans l'office des morts (Rituel, tit. V, cap. 7 : In paradisum... tit. V, cap. 8 : occurrite angeli Do mini, suscipientes animam ejus... tit. VI, c. 3 lu paradisum deducant te angeli; cf. également l'office de saint Michel), aussi, nous dit Suarez, nul catholique pieux ne peut douter de cette vérité (De Aeg., 1. VI, c. XIX, éd. Lyon, 1630, p. 520). Déjà dans la Passion de sainte Perpétue et de sainte Félicité, nous lisons que Satyre avec ses compagnons de souffrance, furent portés par des anges au ciel (Passio Perp. (éd. Gebhardt), 11, 2, 3, p. 79). Les monuments funéraires chrétiens tiennent le même langage. "Accersitus ab angelis ", est-il dit d'un petit Sévère , âgé de quatre ans, huit mois et cinq jours. (vet., t. 11, n° 3354; D. Cabrol et D. Leclercq, eccles. , t. I, n° 3173). L'allusion au texte liturgique bien connue "Subvenite... occurrite Angeli Domini ", est très nette dans cette petite allocution de saint Euplus au peuple : " Très chers frères, priez Dieu et craignez-le de tout votre cœur car il se souvient de ceux qui le craignent avant qu'ils s'en aillent de ce siècle et après leur sortie (de ce monde); alors les anges accourront au-devant d'eux et les conduiront dans sa cité, la Jérusalem céleste" (Ruinart, Acta sincera, Paris, 1689, p. 441). De nombreux faits corroborent d'ailleurs cette conviction. Parmi les saints emportés par les anges au ciel, citons du moins saint Paul Ermite (AS. Janv., t. I, p. 606); saint Antoine (AS. Janv., t. Il, p. 140); saint Euthymius, abbé (AS. Sept., t. VIII, p. 98 D); saint Aidan (AS. Sept., t. VIII, p. 102 B).
Au Moyen-Age, les artistes peintres, verriers, sculpteurs ou miniaturistes représentent l'âme s'échappant de la bouche du moribond, sous la forme d'un petit enfant nu, recueillie par l'ange (Ch. Cahier, Carac. Des saints, p. 35; Heures - l'usage de Paris ou Heures de Neville, XV° s., 1° moitié, fol. 139; cf. Leroquais, Livres d'Heures, t. I, p. 75; Ch. Cahier et A. Martin, Les vitraux de Bourges : la mort de Saint Thomas; A. Michel, llist. de l'Art, t. 2, 2, p. 770, 772). Les âmes des saints sont auréolées, les âmes des autres sont portées dans un linceul (Ch. Cahier, Caraci. Des saints, p. 362)

8. Si l'âme au lieu de se rendre au ciel doit se rendre en Purgatoire, les anges la conduisent jusqu'au lieu de l'expiation, ils les y visitent pour les encourager et les consoler (Suarez, De Ang., 1. VI, ch. dix. éd. Lyon, p. 520; cf. aussi Denys le Chartreux. Arch., Serm. IV, op., t. XXXII, p. 434 B). Bien plus ils se transforment en quêteurs charitables pour inspirer à des âmes plus saintes ou à ceux qui ont connu leurs protégés, de prier et de faire dire des messes pour que les prisonniers retrouvent au plus tôt leur liberté et les exilés leur patrie. C'est ainsi, par exemple, que l'ange d'un prêtre vint solliciter la charité de sainte Lydwine pour obtenir pour le malheureux une prompte délivrance (AS. Avril, t. Il, p. 338 F-339 A).

9. Pendant qu'ils s'occupent ainsi des âmes, les anges ne se désintéressent pas des corps. Très tôt, les fidèles prennent l'habitude d'invoquer "l'ange du tombeau" (H. Leclercq, art. Anges, dans DACL., t. I, part. 2, col. 2141-2144). Dans les apocryphes : les anges s'occupent de la sépulture d'Abraham (Test. Abrah., éd. James, dans Teris and Sludies, Cambridge, 1892, p. 103, 2, 19) et de Joseph (Hisi. de Jos. le Charp., éd. Peeters, ch. xxv , p. 231). L'Histoire de l'Eglise nous parle du soin des anges pour les saints défunts ils gardent la sépulture de saint Arduin (AS. Oct., t. XI, p. 654 F); ils veillent sur les martyrs de Saragosse (Prudence, PL., t, LX, 365, strophe 14-17); ils vont même jusqu'à séparer la cendre des corps des martyrs de celle des criminels brûlés avec eux (AS. Nov., t. I, p. 650 B). A l'occasion de la translation de reliques ils font parfois entendre des chants célestes (AS. Nov., t. III, p. 318 C; AS. Janv., t. I, p. 563) (Saint Laurent Justinien).
Médiateurs entre les hommes et Dieu les anges ne cessent de monter au-dessus des cieux vers des azurs plus purs, pour offrir à Dieu nos bonnes pensées, nos repentirs (In Levit., Hom. IX, 8. PG., 12,520 B, C) et nos prières, pour en redescendre ensuite chargés de bienfaits dont Dieu récompense les mérites (G. Gels., V, 4. PG., 11, 1186 B). Dans cette affirmation d'Origène nous entendons l'écho de Platon parlant du rôle des démons (Le Banquet, 202 E (trad. Léon Robin, coll. Budé, Paris, 1929, p. 53); cf. sur les démons dans le paganisme l'article très complet de A. Andres, à l'art. Daimon, dans Real. Encyci. de Paul, vol. III, Stuttgart, 1918, col. 267-322). Philon à la suite de Platon nous montre également les anges faisant la navette entre Dieu et les hommes pour annoncer aux enfants les ordres du Père et au Père les besoins de ses enfants (De Gigant., Op. Phil., t. Phil., t. III, p. 235 Cf. L. Bréhier, Philon, p. 126-127). L'idée sera reprise souvent par saint Bernard (In dedie. Eccles., serm. V. PL., 183, 532 B; In dedie. Ecelea., serm. IV. PL., 183, 527 A, H; Serm. I in feito S. Michaelis, 2. PL., 183, 448 D-449 A; In Vig. Nativit., serm. Il, 6. PL., 183, 93 B; In Vig. Nativ., serm. VI. PL., 183, 536 C) et admirablement exploitée par Bossuet (Sermon pour la fête des Anges gardiens, éd. Lebarq, t. III, p. 95). En montant ainsi vers Dieu les anges lui portent avant tout nos prières et nos sacrifices. L'Ecriture nous l'affirme (Tob., 12, 12; Apoc., 5, 8; 8, 3, 4) et les Pères y insistent volontiers (Clément d'Alex., Strom., VI, 12. PG., 9,508 sqq.; saint Cyprien, Dom. orat., 32, 33, éd. Martel, p. 290, 23-27; saint Hilaire, In. Ps. 129. PL. 9, 1020H; In Matth., 18,5. PL., 10, 1020A, B; saint Augustin, De Civ. Dei, VII, 30; X, 25. Episi., 140, 69. Saint Nil, De Oratione, cap. 3. PG., 79, 473; cap. 81, i. e., col. IISSA; cap. 74,5. col. 1184, cap. 112,3, col. 1192, etc... (cf. L. Thomassin, Dogmala theologica, 2e édit., Paris, 1868, t. IV (De Incarnatione), lib. XI, cap. 5, n° 8, p. 531 sqq.). Bien plus, "l'ange de la prière" comme l'appelle Tertullien (De Orat., n0 16. PL., 1,1174), ou notre propre gardien unit sa prière à la nôtre pour la rendre plus efficace (Origène, Li. De Oragione, 11. PG., 11, 451 B).
Bossuet nous indique la raison pour laquelle Dieu veut que nos prières lui soient présentées par les anges. Notre prière, en effet, alourdie par le corps, rabattue vers la terre par les bourrasques des imaginations vaines, est "faible, languissante", et loin "de percer les nues et de pénétrer jusqu'au haut des cieux", elle parvient à peine à sortir de nos cœurs. Elles retombent de leur poids, si la bonté de Dieu n'y avait pourvu... Il a envoyé son ange, "l'ange de la Prière", comme l'appelle Tertullien; il leur prête "ses ailes pour les élever, sa force pour les soutenir, sa ferveur pour les animer" (Bossuet, Sermon pour la fête des saints Anges gardiens, éd. Leb., t. III, p. 106-107).
Les anges offrent de plus à Dieu nos sacrifices, ces sacrifices, comme le dit Bossuet, qui les rendraient jaloux si la jalousie pouvait entrer au ciel, et qu'ils sont heureux de nous emprunter pour les offrir à Dieu (i. c., p. 108). Moissonneurs infatigables, ils recueillent dans notre cœur nos bonnes pensées, nos bons désirs, et nos bonnes actions, heureux de porter sans cesse vers Dieu le fruit de leur récolte. Enfin, pareils au grand médiateur, les anges, nos protecteurs, se tiennent sans cesse auprès de Dieu "dont ils contemplent la face pour intercéder pour nous". Et sans doute bien des fois demandent-ils à Dieu, le Jardinier sévère , d'user de ménagement et de patience envers des arbres longtemps stériles ou qui rapportent peu. Après avoir détaillé tous les services que les anges et en particulier nos anges gardiens nous rendent, laissons la parole à un grand dévot des anges, au Bienheureux François d'Estaing, évêque de Rodez, pour nous les résumer : "Les Anges se réjouissent de notre conversion et la célèbrent par des jours de fête, dit le saint Évangile, mais nous devons rendre nos hommages surtout aux très saints esprits que nous savons être députés à notre sauvegarde, qui veillent sur nous pendant notre sommeil, nous assistent dans notre prière, nous défendent sur terre et sur mer, purifient notre esprit et notre corps, nous provoquent à la vertu, élèvent nos pensées vers Dieu, nous consolent dans nos peines et nos épreuves, quand nous sommes sous les étreintes de la maladie et de la mort prochaine, nous font visite, nous fortifient, nous défendent contre l'esprit du mal, et après nous avoir donné la victoire, nous accompagnent au ciel ou au purgatoire" (C. Belmon, Le Bienheureux François d'Estaing, évêque de Rodez (1460-1529), Rodez, 1924, p. 396).

Dictionnaire de Spiritualité Ascétique et Mystique
Doctrine et Histoire

publié sous la direction de Marcel Villers s.j.
Tome I
Paris, Beauchesne, 1936
Article de Joseph Duhr

 

 

 

ANGE n.m. (gr. aggelos, messager).
1. Etre spirituel, intermédiaire entre Dieu et l'homme. - Ange gardien, attaché à la personne de chaque chrétien pour le protéger, dans le catholicisme. <> Etre aux anges : être dans le ravissement. - Un ange passe, se dit lorsqu'une conversation est interrompue par un long silence. - Une patience d'ange : une patience exemplaire. 2. Fig. personne parfaite ou douée de telle éminente qualité. Un ange de douceur.

 

 

 

 

Petit Larousse, édition 1995.

 

 

 

Le terme hébreux malâkim aussi bien que le grec aggeloï, dont nous avons fait «anges» à travers le latin angeli, signifie «messagers», «envoyés». Les anges sont d'abord en effet les messagers divins, les envoyés de Dieu, qui transmettent ses volontés ou les exécutent. Tels les deux anges envoyés à Lot avant la destruction de Sodome (1) ou les anges de l'Apocalypse qui par exemple "retiennent les quatre vents de la terre" (2) tandis qu'un autre "monte du soleil" pour marquer les justes du sceau de Dieu.
Leurs missions d'assistance auprès des hommes sont maintes fois affirmées. Jamais sans doute de manière aussi touchante que dans la parole du Christ à propos des faibles et des humbles que symbolise l'enfance : "Gardez-vous de mépriser ces petits : [...] leurs anges dans les cieux voient sans cesse la face de mon Père" (3).
Ils constituent enfin "l'armée des cieux" toujours aux ordres du Tout-Puissant (4), une part importante de la cour céleste : "myriades de myriades qui se tiennent devant lui" (5).
Créatures spirituelles (6), ils prennent parfois forme humaine tels précisemment les visiteurs de Lot dans le passage de la Genèse précédemment cité qui les appelle tantôt «anges» tantôt «hommes» ; tel encore le guide en qui le jeune Tobie "ne reconnut pas un ange" (7).

André-Marie Gérard, Dictionnaire de la Bible, Robert Laffont,
Paris, 1989, collection Bouquins.

 

                           

 

 

 

 

 

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